J'entends encore mon cri de surprise hypocrite à l'ouverture de ma dernière facture de cell. Dans le cadre du programme Prenons Nous en Main, j'appelle la gentille responsable de mon compte, le SAC étant encore gratuit. Je lui exprime mon mécontentement et lui demande de me proposer un autre plan. Le but est que la somme finale une fois inclus les onze options, les frais de réseau, les taxes, les retaxes, et la douzaine d'huîtres, reste en dessous du PIB du Bouthan.
Il arrivait que mon cell sonnât d'une façon tout à fait inopportune, non seulement sans considération de la tranche horaire, mais surtout sans afficher la photo du mossieur ou de la madame qui appelle.
Ça me fait le numéro inconnu.
Dans des périodes de doute (retard à un rv, truc à rendre) je m'abstiens de répondre si je ne connais pas. Non seulement pour des raisons d'évitement de prise de tête mais aussi et surtout c'est pas la fête au village, alors tu ne me gruge pas mon plan de comm personnelle sans que je t'aie rien demandé.
Mais là puisque les appels entrants sont gratuits (oui, on n'est pas en avance. La téléphonie mobile, des sensations ... bien) je décroche juste histoire de voir. Ça rate pas, c'est toujours un boulet qui a oublié de bloquer son clavier, le truc se met à composer tout seul et ça tombe sur mon mien de number. J'écoute donc poussée par une curiosité tout à fait saine et pédagogique, ce qui se déroule à l'autre bout, bruits de pas, froissements dans la poche, ambiance la rue urbaine. Il y a 5 minutes par exemple j'ai eu l'honneur de rentrer dans la vie d'une anglophone stridente qui faisait du shopping avec son ami David. Je suis intéressante, si je veux.